Vous êtes la pire personne pour conseiller votre entreprise
Ce n'est pas votre faute + on dit qui est le coupable.
Cette édition de 08h08 est destinée à faire redescendre la pression et la culpabilité des dirigeants et décideurs marketing qui nous lisent.
On va tous respirer un grand coup face à cette situation intolérable qui nous touche tous : l’immense difficulté à conseiller notre propre entreprise.
On a cherché pourquoi et on tient le coupable.
On vous le livre ici, en mode “name & shame”.
Alors pourquoi vous êtes la pire personne pour conseiller votre entreprise en marketing ?
On en parle ici et on vous donne les clés pour en sortir.
Ou retrouvez-le sur toutes les plateformes d’écoute
Metricool, partenaire de 08h08
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Vous êtes la pire personne pour conseiller votre entreprise
Mais ce n’est pas de votre faute.
Ca touche tout le monde : vous, les autres dirigeants et décideurs. Nous aussi.
On a enquêté, on tient le coupable. On partage aussi des solutions concrètes pour l’éloigner (car on ne peut pas l’emprisonner).
Les symptômes
Vous tournez en rond et vous ne savez pas pourquoi.
La stratégie à retravailler est sur votre liste depuis des semaines.
Ce pitch que vous avez déroulé dix fois dans votre tête et qui, en rendez-vous, ne produit pas l’effet attendu.
Ce feedback d’un collaborateur ou d’un associé “c’est bien”… qui ne vous a pas vraiment aidé.
Ce n’est pas un manque de compétences. Ce n’est pas un manque de volonté.
Et pourtant, ça n’avance pas.
Ce que vous vivez là, ça a un nom. Et ça a une mécanique précise, documentée, reproductible, et qui ne respecte pas votre niveau d’expertise.
Le coupable : le Paradoxe de Salomon
Le roi Salomon est passé à la postérité pour sa sagesse légendaire.
Les gens venaient de loin pour le consulter. Ses conseils étaient réputés d’une clarté et d’une justesse remarquables.
Il tranchait des conflits complexes, guidait des décisions impossibles, démêlait ce que personne d’autre ne voyait.
Et pourtant, selon les textes, il a pris des décisions catastrophiques pour lui même.
En 1996, deux chercheurs en psychologie - Kross et Grossmann - ont étudié ce phénomène.
Ils ont soumis des personnes à des problèmes complexes - conflits, dilemmes, décisions difficiles - et mesuré la qualité de leur raisonnement.
Résultat : tout le monde raisonnait mieux quand le problème concernait quelqu’un d’autre. Plus de recul, plus de nuances et des recommandations plus solides.
Dès que le problème les concernait directement ?
La qualité chutait systématiquement.
Ca ne dépendait ni de l’intelligence, ni de la formation, ni de l’expérience. Les experts étaient autant concernés que les autres. Parfois plus.
💡 Conseil en plus : Nous sommes tous des Salomon. Brillants pour conseiller les autres. Aveugles face à nos propres problèmes. Inutile donc de culpabiliser de ne pas arriver à prendre du recul sur votre stratégie marketing : c’est normal.
Pourquoi ça arrive → 3 facteurs à comprendre
La proximité déforme la perception
Quand vous êtes dans le tableau, vous ne pouvez pas voir le tableau.
Votre business, c’est votre quotidien, votre histoire, votre argent - parfois votre identité. Cette proximité déforme la perception, même quand vous croyez avoir du recul.
L’expertise crée des filtres invisibles
Plus vous maîtrisez un sujet, plus vous interprétez les signaux à travers ce que vous savez déjà.
Ce qui ne rentre pas dans votre modèle, vous le mettez de côté sans vous en rendre compte. Vous avez de bonnes raisons de défendre vos choix.
Et c’est exactement ce qui pose problème.
La charge émotionnelle affaiblit le discernement
Derrière votre positionnement, vos messages, vos choix marketing, il y a des années de construction, des décisions difficiles, des pivots assumés, des clients convaincus de haute lutte.
Ce n’est pas anodin et c’est précisément ce poids-là qui rend impossible la neutralité que vous auriez naturellement sur le dossier d’un autre.
💡 Conseil en plus : Observez votre première réaction quand quelqu’un remet en question un choix marketing. Vous remettez en question ou vous justifiez ? La réponse est plus révélatrice qu’un audit complet.
Nous sommes aussi des Salomon!
On accompagne des entreprises sur leur positionnement depuis plus de 20 ans. Des centaines de cas. Et quand on doit se pencher sur le nôtre - notre propre positionnement, notre propre message, on bloque. On tourne en rond et on ne le fait pas seules. On en parlait ici
Le paradoxe de Salomon ne fait pas d’exception, même quand vous connaissez son nom.
Ce n’est pas un problème de compétences. C’est un problème de position.
Les personnes les plus compétentes sont souvent les plus exposées. Elles ont plus de certitudes.
Elles ont de bonnes raisons de défendre leurs choix et quand quelqu’un remet en question leur positionnement, leur premier réflexe c’est d’expliquer pourquoi c’est juste. Pas d’explorer pourquoi ça ne passe pas.
Le piège du regard externe “bienveillant”
Quand vous demandez un avis à un collaborateur, un associé, quelqu’un de votre réseau, vous n’obtenez généralement pas vraiment un regard externe.
Vous obtenez un regard bienveillant.
C’est ce qu’on appelle le biais de complaisance.
Les gens qui vous répondent veulent faire plaisir, éviter le conflit, ne pas paraître négatifs. Alors ils nuancent. Ils adoucissent. Ils valident là où ils devraient challenger.
Et vous, inconsciemment, vous avez choisi cette personne parce qu’elle allait probablement valider.
Pas parce qu’elle allait challenger.
C’est le biais de validation qui prend le relais : vous retenez les retours positifs, ils confirment votre hypothèse, et vous avancez convaincu d’avoir eu un vrai regard externe.
Au final, vous n’êtes pas plus avancé. Vos angles morts sont intacts et vous avez l’impression d’avoir fait le travail.
Le regard externe utile, c’est celui qui n’a rien à perdre à dire la vérité.
Pas n’importe quel regard externe non plus!
Votre partenaire de padel, c’est un regard externe.
Mais pas forcément utile.
Il y a le regard externe non qualifié = quelqu’un qui ne connaît pas votre marché, vos clients, les codes de votre secteur. Ses retours peuvent vous faire douter à tort.
Et il y a le regard externe qualifié = quelqu’un qui connaît les mécaniques B2B, qui a vu suffisamment d’expérience pour vous challenger et vous montrer vos angles morts.
Concrètement, qu’est-ce qu’on fait ?
1. Posez un diagnostic honnête
3 questions à vous poser
Quand est-ce que la dernière fois que vous avez eu un regard externe qualifié sur votre stratégie marketing ?
Si vous ne vous souvenez pas, ou si c’était il y a plus de douze mois, c’est déjà une réponse.Êtes-vous capable d’expliquer votre positionnement à quelqu’un qui ne vous connaît pas, en deux phrases, sans contexte ?
La dernière fois que quelqu’un a remis en question un choix marketing important, quelle a été votre première réaction ? Vous avez creusé ou vous avez expliqué ?
2. Créez des espaces de friction intentionnelle
Ne cherchez pas des gens qui sont d’accord avec vous.
Créez des espaces où vous êtes challengé par des personnes qualifiées pour vous donner un avis ET qui n’ont rien à perdre à dire la vérité.
Ça peut prendre plusieurs formes.
Un mastermind de pairs.
Des dirigeants qui vivent les mêmes enjeux, mais sur leur propre business. La règle du jeu, c’est précisément de ne pas ménager. Ce qui est dit dans la salle reste dans la salle et c’est ce qui permet la vraie franchise.Un conseil extérieur qualifié.
Non pas pour déléguer vos décisions mais pour voir ce que votre position vous empêche de voir. Quelqu’un qui a suffisamment de cas derrière lui pour distinguer ce qui est structurel de ce qui est cosmétique et qui n’a aucune raison de vous dire que c’est bien quand ce n’est pas le cas.Des communautés sectorielles actives.
Pas les groupes LinkedIn où tout le monde se congratule. Des espaces où les membres se challengent vraiment, partagent leurs erreurs, confrontent leurs approches.
💡 Conseil en plus : Faites l’inventaire des communautés ou des pairs dont vous pourriez vous rapprocher. Pas pour networker mais pour être challengé !
Besoin de lutter contre votre paradoxe de Salomon ?
Chez My Marketing Xperience, c’est exactement ce qu’on fait, avec des dirigeants, mais aussi avec des directions marketing qui ont déjà de solides compétences en interne.
Parce que précisément, ces compétences ne les mettent pas à l’abri du paradoxe.
Si vous voulez qu’on jette un œil à vos angles morts - votre positionnement, vos messages, ce qui coince sans que vous arriviez à identifier où - on en parle.
Qu’avez-vous pensé de cette édition ?
Dites-nous en commentaire 🙂
À jeudi prochain !
Sandie & Laurie
My Marketing Xperience




Très chouette ces nouveaux cas clients :)